TOUT SUR LES CHAUVES SOURIS

Atelier Parc National de Gouraya

  Colonie de Tridens Aselia tridens à Bechar ( Photo Redouane Tahri )

Les chauves-souris constituent l'ordre des Chiroptères de la classe des Mammifères. On connaît environ 950 espèces de chauves-souris. Elles sont divisées en 2 sous-ordres : les Microchiroptères (environ 800 espèces, de petite taille relative, capables d’écholocation) et les Mégachiroptères (environ 170 espèces dont les roussettes, de grande taille relative ; Dobson 1875). Récemment, sur des bases moléculaires, l’ordre a été redécoupé en deux nouveaux sous-ordres pour rompre la paraphylie des Microchiroptères : les Yinpterochiroptera et les Yangochiroptera (Teeling et al. 2002, Teeling et al. 2005).

On trouve des chauves-souris dans le monde entier, exception faite de la zone arctique et de certaines îles océaniques éloignées. Les Mégachiroptères vivent en Afrique, en Asie et en Océanie. On pense que les chauves-souris sont apparues sous un climat chaud, probablement au début de l'éocène (le plus ancien fossile connu de chauve-souris Icaronycteris index remonte à environ soixante millions d'années). Seuls les membres de quatre familles, tous des Microchiroptères, vivent dans des régions tempérées, et le nombre d'espèces diminue quand on se rapproche des pôles. (Anonyme, 2006)

Les chiroptères sont les seuls mammifères doués du vol actif Ils se déplacent dans les airs grâce à une aile formée d'une membrane de peau entre le corps, les membres et les doigts. Ils ne se posent qu'exceptionnellement au sol et s'y meuvent maladroitement. Ils se reposent en se suspendant aux aspérités par les griffes des orteils.

L'écholocation n'est bien développée que chez les microchiroptères. Généralement actifs la nuit, ils peuvent se diriger dans l'obscurité en émettant des ultrasons dont ils captent la réflexion, écholocalisant ainsi leurs proies et les obstacles. Les mégachiroptères, quant à eux, se fient plus à leur vue et à leur odorat.

Diversité, répartition et éléments de classification:

I- Les Mégachiroptères:

   Les Mégachiroptères comprennent une seule famille, celle des Ptéropidae qui rassemble les 171 espèces de chauves-souris, dont aucune n’est présente en Europe. Ils comprennent notamment les Roussettes et les Macroglosses. C’est dans ce groupe que l’on trouve les plus grandes des chauves-souris, qui appartiennent au genre Pteroptus. La plus grande, le kalong de Malaisie, atteint 1,70 m d’envergure et 42 cm de long. (Anonyme, 2006)

II-Les Microchiroptères:

   Le groupe des Microchiroptères renferme des chauves-souris de taille variable. Le plus petit, qui est également la plus petite chauve-souris connue, est le nez de cochon thaïlandais (Craseonycteris thonglongyai) de l'ouest de la Thaïlande : il ne mesure que de 2,9 à 3,3 cm et ne pèse qu'environ 2 g, ce qui en fait également l’un des plus petits Mammifères au monde. On trouve à l’opposé le Faux vampire américain, Vampyrum spectrum, qui atteint 1 m d’envergure pour une longueur de 13 cm et un poids maximal de 200 g. La majorité des Microchiroptères est insectivore, mais certains de leurs représentants ont des régimes alimentaires différents. (Anonyme, 2006)

La classification des Microchiroptères est encore contestée. Les centaines d’espèces du groupe sont communément réparties en 16 à 18 familles mais, selon certains auteurs, ce nombre est plus réduit, ce qui est une famille dans le premier cas n’étant pour eux qu’une sous-famille.

Les chauves-souris d’Algerie , au nombre de 26 espèces, sont toutes des Microchiroptères ; elles appartiennent à 6 familles : les Rhinopomatidae ( 01 espece ) , les Emballonuridae ( 01 espece ) , les Rhinolophidae ( 06 especes ) , les Vespertillionidae ( 15 especes ) les Molossidae ( 02 especes) et les Hipposideridae ( 01espece )

III- Quelque groupes remarquables de  Chiropteres  

Les microchiropteres

Famille des Vespertilionidae: Vespertilions, Murins, Pipistrelles, Oreillards.

   Groupant plus de 300 espèces réparties en 35 genres, les Vespertilionidae forment la plus vaste famille de Microchiroptères. Elle est présentée dans le monde entier, à l’exception de l’Antarctique. Insectivores, les Vespertiolionidae sont remarquables par la grande taille de leurs pavillons auditifs, liée au perfectionnement de leur système d’écholocation. (Anonyme, 2006) , en Algerie cette famille est representée par 15 especes c’est de loin la famille la plus representée

Famille des Rhinolophidae: Rhinolophes.   

   Les chauves-souris de la famille des Rhinolophidae (du grec Rhinos, « nez » et Lophos, « crête ») sont caractérisées par leur feuille nasale développée, qui se termine par une lame triangulaire dont la base se trouve entre les yeux et la pointe sur le front, entre les oreilles. Il existe plus de 70 espèces de Rhinolophes, appartenant pour la plupart au genre Rhinolopus.(Anonyme, 2006) , en Algerie les Rhinolophidae sont representés par 06 especes , cette famille est classée  deuxieme en terme de richesse

Famille des Molossidae: Molosses. 

   Les Molossidae rassemblent environ 90 espèces (pour 11 genres) que l’on rencontre dans les régions chaudes d’Afrique, d’Asie, du sud de l’Europe et d’Australie. N’excédant pas 15 cm de long, elles ont en général une longue queue, non prise dans le patagium. Celui-ci est formé d’une membrane épaisse à l’aspect du cuir, de même que les pavillons auditifs. La seule espèce européenne est le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis). Les Molosses du genre Molossus vivent en Amérique centrale et du Sud.(Anonyme, 2006) , en Algerie il existe 02 molosses

Famille des Hipposidéridae: Phyllorhines.

   Les Hipposidéridae comprennent environ 70 espèces, dont plus de la moitié appartiennent au genre Hipposideros. Ce sont des chauves-souris des régions tropicales, qui habitent en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et du Sud-est et en Australie. Elles ont, comme les Rhinolophes, une feuille nasale développée. (Anonyme, 2006) , une seule espece de cette famille est presente en Algerie , il s’agit du trident  Aselia tridens

Famille des Emballonuridae: Emballonures.

   Les Emballonuridae sont représentés par une cinquantaine d’espèces groupées en une douzaine de genres. Elles se nourrissent d’insectes et vivent dans les régions tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique. (Anonyme, 2006) , en Algerie il n’existe qu’une espece de cette famille il s’agit du Taphien au ventre nu  Taphosus nudiventris .

Famille des Rhinopomatidae: Rhinopoma.

   Les Rhinopomatidae sont les plus primitifs des Microchiroptères. Ils rassemblent 3 espèces du Rhinopoma, caractérisées par une queue presque aussi grande que le corps. Strictement insectivores, les Rhinopomatidae se rencontrent en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. (Anonyme, 2006) , cette famille est representée en Algerie par 01 espece il s’agit de Rhinopoma hardwickei

Les Megachiropteres

Il n’existe aucune famille de ce sous-ordre en Algerie

Les familles les plus importantes dans le monde sont :

Famille des Desmodontidae: Vampires

La famille des Desmodontidae réunit 3 espèces de chauves-souris au régime alimentaire très spécialisé : ce sont les Vampires, qui se nourrissent exclusivement du sang de vertébrés, en particulier des oiseaux et des Mammifères, dont l’homme. Si le prélèvement de sang n’est pas dangereux en soi pour les victimes, ces chauves-souris peuvent néanmoins, par ce biais, transmettre diverses maladies, en particulier la rage. La découverte de ces espèces a valu aux chauves-souris d’être associées à la figure légendaire du Vampire, contribuant ainsi à leur mauvaise réputation dans le monde occidental. (Anonyme, 2006)

Famille des Mégadermatidae: Faux vampires

   Les Mégadermatidae, souvent appelés Faux vampires, se rencontrent en Afrique, en Asie du Sud-est et en Australie. Ce sont des chauves-souris chasseresses consommant des poissons, de petits Mammifères (rongeurs, autres chauves-souris), des oiseaux, des reptiles (Lézards), ou encore des amphibiens (Grenouilles). Une seule espèce (Lavia frons, chauve-souris aux ailes orangées habitant l’Afrique tropicale) semble ne se nourrir que d’insectes. (Anonyme, 2006)

Famille des Phyllostomatidae: Vampyrum, Trachops.

   Les Phyllostomatidae, environ 150 espèces, sont des chauves-souris des régions tropicales du continent américain et de ses îles. Elles ont des régimes alimentaires variés : certaines se nourrissent d’insectes, d’autres de fruits mûrs, d’autres encore de petits animaux. C’est le cas notamment de Trachops cirrhosus, qui chasse les Grenouilles. La famille comprend également le Faux vampire du continent américain, Vampyrum spectrum, nommé ainsi par Linné (xviiie siècle) parce que l’on croyait à l’époque qu’il se nourrissait de sang, mais qui mange en réalité de petits animaux (oiseaux et Mammifères), et parfois des fruits. (Anonyme 2006)

Famille des Noctolionidae: chauves-souris Bouledogues.

Parfois appelés chauves-souris Bouledogues en raison des replis de peau que forme leur feuille nasale autour de leur bouche, les Noctolionidae ne comprennent que 2 espèces, qui vivent dans les régions tropicales du continent américain. Noctilio leporinus, qui mesure environ 12 cm de long, est particulièrement étonnante de par son régime alimentaire, exclusivement piscivore. C’est en effet une chauve-souris pêcheuse, qui rase la surface de l’eau pour y saisir des poissons entre les doigts puissants de ses pattes arrière. Sa technique de pêche est celle du filet dérivant : volant tout près de la surface, elle immerge ses doigts et les laisse traîner sur une distance de quelques dizaines de centimètres à quelques dizaines de mètres. Noctilio labialis se nourrit, de façon plus « conventionnelle », d’insectes. (Anonyme, 2006)

MORPHOLOGIE DES CHIROPTERES

Les chauves-souris sont les seuls mammifères capables de voler et leur morphologie reflète cette adaptation.

Aspect général

Les chauves souris  sont des animaux de petite taille et leur corpulence moyenne s’apparente à celle d’une souris. Le corps est recouvert de poils. La fourrure, douce et molle au toucher, s’étend à tout le corps à l’exception des ailes.

Les chiroptères possèdent tout un assortiment de glandes cutanées. Les glandes sébacées de type canal paraissent sur l’ensemble du corps. Les glandes sudoripares n’ont pas été trouvées.

Les mamelles sont en général pectorales. La famille des Rhinolophes possède une paire de mamelles supplémentaires en région inguinale, non fonctionnelle mais qui servirait à la fixation des jeunes pendant le vol. Les autres organes rappellent l’anatomie des petits rongeurs. Le membre antérieur transformé en aile est l’organe le plus modifié et le plus caractéristique de ces mammifères. (Nabet, 2005)

 

Membrane alaire

Les chauves souris volent avec leurs mains: le squelette des mains s’est donc transformé de manière à pouvoir déployer et soutenir une fine membrane: le Patagium.

Celui-ci est en fait formé de deux surfaces de peau entre lesquelles se trouvent des nerfs, des vaisseaux sanguins et de petits muscles qui servent à le tendre de façon à ce que sa surface soit rigide.

 Le patagium, qui est glabre (sauf une partie de l’uropatagium) semble fragile, mais grâce

à des fibres élastiques il est très souple, résistant, et se reconstitue après une lésion. Il s’étend depuis les flancs jusqu’au bout des doigts et inclut également les pattes postérieures et la queue. Suivant sa localisation, on distingue le plagiopatagium, le chiro ou dactylopatagium, l’uropatagium et le propatagium.

 

Les Rhinolophidae  se distinguent par des appendices nasaux caractéristiques : une membrane cartilagineuse en forme de fer à cheval, composée de plusieurs éléments et différente suivant les espèces.

Echolocation

   Les chauves-souris ont développé un système d’orientation appelé Echolocation (ou Echolocalisation). Elles émettent des ultrasons, sous la forme de cris très aigus, inaudibles à notre oreille, qui lorsqu’ils rebondissent sur un obstacle ou une proie reviennent sous la forme d’écho. Le cerveau des chauves-souris analyse cet Echo et en extrait des informations sur la distance, la forme et même la nature de l’obstacle ou de la proie. Les ultrasons sont émis par la bouche (Vespertilionidæ en général) ou par le nez (Rhinolophidæ) et la forme des ultrasons varie entre des signaux à fréquence constante, comme les notes émises par les instruments de musique, et des signaux à modulation de fréquence.

L’Echolocation est surtout développée dans le groupe des Microchiroptères, chez lesquels elle est très perfectionnée. Ces chauves-souris sont souvent dotées d’une feuille nasale qui sert à focaliser les ultrasons produits. Ce système les rend capables de voler dans l'obscurité la plus totale et, chez celles qui se nourrissent d’insectes, de cibler leurs proies (Figure 1). (Anonyme, 2002) .                              Les propriétés physiques des sons émis varient de façon caractéristique d'une espèce à l'autre. Les Mégachiroptères, plus primitives, se servent de la vue plutôt que de l'ouïe pour s'orienter. Un seul genre a évolué vers un mécanisme d'Echolocation qui met en jeu l'émission de « Clics » audibles et ne sert que quand les chauves-souris volent dans l'obscurité. Les yeux des Mégachiroptères sont aussi relativement plus grands que ceux des Microchiroptères. Cependant, aucune chauve-souris n'est totalement aveugle, et même les Microchiroptères qui utilisent l'Echolocation peuvent se servir de repères de grandes dimensions pour se diriger en vol. (Anonyme, 2006) .                                                 Les ultrasons émis pour l’Echolocation ne ressemblent pas à des cris d’oiseaux : leur fonction est de     « voir dans la nuit ». Ainsi, les différents modes et milieux de chasse des espèces de chauves-souris expliquent cette grande variabilité entre les signaux : le cri d’une Noctule commune volant à 70m au dessus d’une forêt avec une vitesse de l’ordre de 50km/h doit lui permettre de repérer les obstacles et les proies de très loin. Au contraire, le cri de l’Oreillard picorant les Chenilles posés sur les feuilles d’un tilleul doit lui permettre de balayer très finement la texture des feuilles afin d’y repérer les insectes qui y sont posés. (Anonyme, 2002) .                                                                                          Les cris émis par les chauves-souris pour se diriger ne sont pas à confondre avec les cris sociaux utilisés pour communiquer entre elles. En général les cris sociaux sont émis à des fréquences assez basses (donc audibles pour l’homme) pour avoir une plus grande portée et sont très modulés pour véhiculer une information riche. (Anonyme, 2002)

                   

Figure N°1: Echolocation des Chiroptères:

 

 

La capacité des chauves-souris à se déplacer dans l’obscurité a longtemps constitué une énigme pour les biologistes. Depuis le XVIIIème siècle diverses hypothèses avaient été échafaudées mais ce n’est qu’en 1938 que l’Américain D.R.Griffin réussit à trouver l’explication .                                   L’écholocation est basée sur l’émission d’ultrasons et la réception de leur écho. Les ultrasons sont émis par la bouche ou par le nez chez les Rhinolophes et les Oreillards, et les échos sont perçus par les oreilles. Les chauves-souris obtiennent ainsi une représentation auditive de leur entourage.                Les oreilles des chauves-souris sont adaptées à leur mode d’audition particulier. Comme chez l’homme, la cochlée, une région de l’oreille interne, contient une membrane basilaire mince, enroulée en spirale, qui propage les vibrations engendrées par l’arrivée d’ondes sonores sur le tympan. Ces vibrations stimulent de petites cellules ciliées sur la membrane tympanique, qui activent alors les cellules du ganglion spiral, le nerf auditif et le cerveau.  Grâce à l’enregistrement des impulsions nerveuses passant dans un neurone par des microélectrodes, on a pu montrer que le traitement des informations par le cerveau est remarquablement perfectionné. Ainsi, ce sont des zones anatomiquement distinctes du cortex auditif qui assurent des analyses spécifiques.                                                                                                                                                  La fréquence et la durée d’émission varient suivant les espèces mais aussi suivant les différentes phases de la chasse. L’analyse des sonogrammes permet avec de l’expérience d’identifier les différentes espèces de chauves-souris.  Les cris des chauves-souris peuvent être classés en trois groupes : les émissions de fréquence constante et unique (FC), les émissions de fréquence modulée et décroissante (FM) et les émissions mixtes FC-FM. Ces dernières commencent par une émission assez longue de fréquence constante, et s’achèvent par une émission de fréquence décroissante.                                                                                            Ainsi les Rhinolophes émettent des signaux de fréquence constante et de longue durée (150 ms), dont la partie terminale en modulation de fréquence est brève. Le grand Rhinolophe émet à 83 kHz et le petit Rhinolophe à 107 kHz. La famille des Vespertilionidés utilise des signaux de courte durée mais en modulation de fréquence, entre 20 et 100 kHz.                                                                                                                                 Les échos des cris émis par les chauves-souris leur procurent des informations variées et précises sur un obstacle ou une proie.Du retard de l’écho par rapport aux sons qu’elles émettent, les chauves-souris déduisent la distance aux objets.                                                                                                                         En détectant les variations de fréquence de l’écho par rapport au son émis, par effet doppler, elles perçoivent la vitesse relative d’un insecte en vol et la fréquence de battements de ses ailes.                      De l’amplitude de l’écho, associée au retard, elles déduisent la taille de la proie. L’amplitude relative des diverses composantes de l’écho indique les dimensions de ses différentes parties.                               Enfin, les différences d’amplitude et de retard entre les deux oreilles révèlent l’azimut de la proie, et les interférences des ondes réfléchies dans l’oreille externe indiquent son élévation . Les longs cris à fréquence constante sont efficaces pour la détection de proie de taille supérieure à la longueur d’onde du signal, car l’énergie de l’écho est concentrée sur une seule fréquence. Ils permettent également une bonne mesure de la vitesse des proies par effet doppler. En revanche, ils ne conviennent ni à la localisation précise de la proie ni à la perception des détails de celle-ci.

Une émission de spectre plus large est alors nécessaire. Les chauves-souris élargissent leur spectre, soit en émettant des harmoniques, soit en émettant des cris FM qui balaient une large gamme de fréquences. En outre, les fréquences FM, plus riches en informations temporelles, permettent une mesure du retard de l’écho et révèlent ainsi la distance à laquelle se trouve la proie. Certaines espèces adaptent la fréquence de chaque harmonique émis à la distance qui les sépare de leur proie. Quand la proie est éloignée, elles émettent surtout les harmoniques inférieures, qui sont peu amorties dans l’air ; quand la proie est à proximité, elles augmentent les harmoniques supérieures afin d’obtenir plus de précisions. En s’approchant des proies, elles raccourcissent et multiplient les émissions, émettant jusqu’à 200 cris FM par seconde, ou 100 cris FM-FC par seconde. Cet ajustement permet aux chauves-souris de caractériser finement leur proie et aussi de la poursuivre avec précision dans la phase finale : comme la position des proies proches varie rapidement, les chauves-souris doivent émettre plus de signaux pour conserver la même précision. ( Nabet , 2005 )

CYCLE ANNUEL

   Le cycle annuel des Chiroptères est marqué par différents évènements se répétant chaque année à des périodes relativement fixes pour une région donnée. Ce cycle a pour conséquences des changements sur la physiologie des animaux, sur le choix des gîtes et sur le rythme d’activité. (Nabet, 2005)

On peut étudier le cycle annuel en se basant sur le cycle biologique qui correspond à l’ensemble des étapes par lesquelles passe un être vivant du moment où il est conçu jusqu’à celui où il devient capable de se reproduire.. Leur cycle biologique est divisé en quatre grandes périodes (figure 2).

- De fin novembre à début mars, les chauves-souris sont regroupées dans des sites tels des grottes, des carrières souterraines, des ponts ou des arbres pour hiberner.

-Le printemps est marqué par leur reprise d’activité et par leur transit vers les gîtes d’été.

-À partir de fin mai, les femelles se regroupent pour la fin de la gestation et la mise- bas. Chez la plupart des espèces, les mâles sont dispersés et isolés. Les accouplements ont lieu à la fin de l’été. Les spermatozoïdes sont stockés dans les voies génitales de la femelle fermées par un bouchon cireux. (Gourmand, 2007)

 

HIVER

PRINTEMPS

ETE

AUTOMNE

Hibernation

Transit printanier

Gestation

Transit automnal

Dec

Jan

Fev

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil

Aout

Sept

Oct

Nov

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                 Figure  : cycle biologique simplifié des Chiroptères

 

L’Hibernation et gite d’hivernage :

I-Détermination de l’hibernation:

 

   Dès que la température extérieure descend en dessous de 10°C, les chauves souris doivent entrer en hibernation. Les insectes et donc la nourriture se font rares et deviennent inaccessibles. Il n’y a pas d’autre solution que de vivre à l’économie. Durant tout l’automne les chauves-souris se sont gavées pour engraisser et peuvent augmenter leur poids de 30%. (Nabet, 2005)

Les chauves souris hibernent pendant la mauvaise saison .En effet durant cette saison les insectes se rarefient  , la disponibilité alimentaire n’est pas assurée et les chiropteresrejoignet ler gite pour vivre au ralenti ( hypothermie ,deminution du rythme cardiaque ) sur les reserves accumulées durant les trois autres saisons de l’année

 Chaque espèce recherche un gîte et un microclimat particulier. Les Rhinolophes sont frileux et dorment dans des cavités où règne une température de 5 à 10°C, le Grand Murin dans les cavités de 2 à 7°C, les Barbastelles dans les entrées de ces grottes de 0 à 4°C.

La présence d’eau et une hygrométrie d’au moins 75% est indispensable à une bonne hibernation pour la conservation des membranes et des oreilles, et pour la boisson pendant les réveils qui auront lieu régulièrement tout l’hiver. (Nabet, 2005)

L’hibernation des Chiropteres du Nord de l’Algerie est moins prolongée et moins profonde que chez les populations des mêmes especes en Europe ( Kowalski,1984 )

III- Physiologie lors de l’hibernation

 La physiologie de l’animal fonctionne au ralenti. Le passage en vie ralentie implique de nombreux ajustements hormonaux et cardiocirculatoires. La fréquence cardiaque diminue de plusieurs centaines de battements par minute à une dizaine par minute au maximum. Le sang est en partie stocké dans la rate. La circulation sanguine diminue dans les extrémités mais se maintient au niveau du coeur et du cerveau. La fréquence respiratoire diminue, ce qui entraîne une concentration de CO2 plus élevée dans l’organisme. On a mesuré des pauses respiratoires de 90 minutes. L’activité nerveuse des régions cérébrales diminue. La température corporelle diminue jusqu’à atteindre une température minimale d’activité. Celle ci est toujours supérieure de quelques degrés à la température extérieure. Le corps n’est pas partout à la même température : le thorax et les organes vitaux sont les plus chauds suivis des patagiums et du crâne. La partie la plus froide reste le ventre. (Nabet, 2005)

 

Swarming ou transit Automnal gie de reproduction

Il est entendu par site de swarming, tout site accueillant la nuit, de la mi-août au mois de novembre, des rassemblements de chiroptères présentant une activité importante devant les entrées et à l’intérieur de sites souterrains: vols incessants, poursuites, vocalisations (cris sociaux). Il est important de souligner que ces sites peuvent ne pas accueillir de chiroptères en journée. Ajoutons que même si les sites de swarming peuvent offrir des caractéristiques idéales pour l’hibernation, il a été constaté des différences notables d’effectifs entre la fréquentation du site en automne et les populations hivernantes : les effectifs des espèces se regroupant en automne y sont généralement plus faibles voire nuls (e.g. Rivers et al. 2006). Plusieurs études montrent que le nombre d’individus génétiquement distants est largement supérieur lors de ces regroupements qu’au sein des colonies estivales de parturition.

Brock Fenton définit le swarming comme étant un rassemblement de chauves-souris dans des hibernacula en fin d'été et en automne (Fenton 1969), donc avant l'hibernation proprement dite. Des mesures automatiques de franchissement de barrières infra-rouges menées dans des hibernacula sur un cycle annuel complet montrent une forte activité d'arrivée et de départs de chauves-souris qui débute dès le début août. Les animaux viennent mais ne restent pas, ce qui est mis en évidence par les nombres d'arrivées et de départs qui sont équivalents. Sur ces mêmes sites, le début de l'hibernation se repère quand le nombre d'arrivées dépasse le nombre de départs (Harrje 1994; Degn et al. 1995).

La période de swarming semble occuper tout l'espace temporel situé entre la période de mise-bas et l'hibernation. Que ce soit par des techniques de capture au filet ou des enregistrements automatiques, toutes les études montrent que le swarming démarre dès fin juillet-début août et se poursuit jusqu'en octobre voire novembre (Fenton 1969; Harrje 1994; Degn et al. 1995; Lubczyk & Nagel 1995; Trappmann 1997; Parsons et al. 2003a; Rivers et al. 2006). Chez l'Oreillard roux (Plecotus auritus), il existerait une période de swarming printanière, au sortir de l'hibernation (Furmankiewicz 2002).

La Reproduction:

La période d’accouplement commence entre la fin juillet et celle d’août. Elle englobe également La période d’hibernation et prend fin au printemps. Durant ce laps de temps les organes génitaux des mâles deviennent visibles (Testicules et Epididyme) alors que le reste du temps ils sont cachés. Chez certaines espèces comme la Pipistrelle de Nathusuis des modifications morphologiques peuvent survenir : chez le mâle un renflement bilatéral de la partie dorsale du nez apparaît. (Nabet, 2005)

 

L’ Accouplement:

Il n’y a pas de véritables couples car les mâles copulent avec plusieurs femelles et il est vraisemblable qu’une même femelle copule avec plusieurs mâles. Les mâles vivent généralement séparés pendant la période de reproduction et se constituent un harem de femelles.

Quand l’accouplement se passe dans les quartiers d’hiver la femelle est passive. Le mâle réveillé de son sommeil léthargique commence par chercher une femelle qu’il repère à l’odeur. Dès qu’il la rencontre il l’entoure par derrière avec ses ailes, la maintient ainsi et la copulation commence quand la femelle est sortie de sa léthargie. La copulation peut durer une vingtaine de minutes et plusieurs copulations peuvent se succéder. (Nabet, 2005)

 

La Fécondation:

   Chez les chauves-souris des régions tempérées, la fécondation de l’ovule n’a pas lieu immédiatement après l’accouplement. Les Spermatozoïdes sont conservés pendant toute l’hibernation dans les voies génitales de la femelle. La maturation de l’ovule, sa fécondation et le développement embryonnaire ne se produit qu’au réveil. (Nabet, 2005)

Le cas du Minioptère (absent en chartreuse) fait exception : l’ovule est fécondé juste après la fécondation mais reste au stade de blastocyste comme chez le chevreuil, et ne reprend son développement qu’au printemps. Dans les deux cas les jeunes naîtront à la saison favorable. Ainsi si l’on recueille des chauves-souris femelles parce que leur quartier d’hiver va être détruit, il ne faut pas les réchauffer car la fécondation serait avancée et les jeunes naîtraient à la mauvaise période. (Nabet, 2005)

La  Gestation:

   La durée de la gestation est mal connue étant donnée qu’on ne peut déterminer la date de la fécondation. On estime qu’elle varie entre 45 et 70 jours suivant les espèces. La majorité des espèces européennes ne mettent au monde qu’un seul petit par an. Ce taux de natalité très faible est compensé par une grande longévité, environ 5 ans en milieu naturel.

Certaines espèces comme la Pipistrelle mettent au monde des jumeaux et ont une maturité sexuelle plus précoce car leurs migrations les exposent à plus de dangers. (Nabet, 2005)

 La  Mise bas et allaitement:

 A partir du mois d’avril les femelles se regroupent en maternités qui peuvent rassembler plusieurs centaines d’individus. Si le froid provoque un allongement de l’hibernation, la mise basse s’en trouve retardées. La période des naissances dure quelques jours à quelques semaines.

La mise- bas a généralement lieu de jour. La femelle s’écarte de ses voisines et prend une position typique : elle se redresse en position horizontale, les pattes postérieures légèrement écartées permettant de tendre l’uropatagium comme une poche dans laquelle sera recueilli le nouveau né. Celui-ci est très actif et se met à grimper vers les tétines ou il s’accroche avec la bouche. Chez les Rhinolophes, une paire de mamelles inguinales supplémentaires sert au jeune pour s’accrocher. Les petits naissent nus et aveugles. Ils ne peuvent maintenir leur homéothermie : c’est pourquoi la mère replie son aile sur le nouveau né pour le réchauffer. Au bout de quelques jours seulement le petit est capable de se suspendre aux parois du gîte. Les poils apparaissent rapidement et les yeux et les oreilles s’ouvrent au bout d’une à deux semaines. Les mères viennent allaiter au milieu de la nuit au moment du retour de chasse. Lorsque les petits acquièrent une certaine autonomie de vol, à la fin de l’été, la colonie de reproduction se disperse, les femelles partant rejoindre les mâles dans les gîtes d’automne. (Nabet, 2005)

 

CHASSE ET ALIMENTATION

Les besoins alimentaires des chauves-souris sont importants. Elles se doivent d’accumuler des graisses en vue de la période d’hibernation. La ration quotidienne des chauves-souris équivaut au quart ou au tiers de leur propre poids. Ainsi une Noctule pesant environ 30g consomme chaque jour environ 10g d’insectes. Selon certains auteurs, la quantité absorbée chaque jour par des sujets atteint au maximum 38% du poids chez la Noctule, 31.3% chez la Sérotine, 29.5% chez la Pipistrelle et 28% chez la Barbastelle. On a évalué qu’un seul Vespertilion de Daubenton pouvait tuer 60 000 moustiques entre le 15 mai et le 15 octobre. Cette estimation est assez théorique mais elle donne une idée du besoin alimentaire. Elle souligne l’importance des chauves-souris dans la lutte contre les insectes nuisibles pour l’homme.

Régime alimentaire

La composition du régime alimentaire reste très mal connue et on ne peut l’étudier qu’enanalysant les débris de nourriture puisque toutes les espèces sont protégées et qu’il est impossible d’examiner le contenu de leur estomac. Les chauves-souris capturent des papillons, des coléoptères, des diptères mais aussi des libellules, grillons, criquets et araignées. Les ailes etles pattes des papillons et autres insectes ne sont pas consommés, tombent à terre et s’y amassent ce qui permet de repérer la présence de chauves-souris.

Besoins hydriques

Les chauves souris ont un besoin en eau important. Ce besoin est peut-être à mettre en rapport avec l’évaporation importante se produisant au niveau des membranes alaires.Elles boivent soit en se posant au sol, soit en vol en trempant leur museau au ras de l’eau.Le manque d’eau provoque une mort très rapide de ces animaux

Mode de chasse

Les diverses espèces de chauves-souris se sont spécialisées et occupent des espaces aériens différents. Les caractéristiques volière des différentes espèces entraînent des modes de chasse différents.            Les Chiroptères ont un terrain de chasse dont la situation et les dimensions varient suivant l’espèce, la saison et l’abondance des aliments. A l’intérieur de cet espace les chauves-souris suivent souvent des itinéraires fixes et les parcourent jusqu’à ce qu’elles aient pris tous les insectes qui s’y trouvaient, après quoi elles changent d’itinéraire.Les chauves-souris forestières chassent volontiers à faible hauteur dans les clairières, allées, coupes, pare-feux et sur les lisières. D’autres comme la Noctule, chassent surtout au-dessus de la cime des arbres ou de la surface des lacs ou des étangs.                     Les espèces anthropophiles chassent surtout dans les agglomérations, les fermes, les jardins ou autour des lampadaires. La Pipistrelle trouve de quoi manger jusqu’au centre des grandes villes.                   Les chauves-souris repèrent les insectes par écholocation, les poursuivent et les prennent directement dans la bouche ou bien avec leur plagiopatagium utilisé comme une épuisette avant de les avaler. Il arrive que la proie soit retenue par l’uropatagium cintré comme un parapluie et d’où elle ne peut sortir, après quoi elle est saisie avec les dents. La plupart des chauves-souris mangent en volant. Elles chassent les gros insectes sans les localiser mais au hasard des rencontres quand elles suivent leur itinéraire favori.Celles qui volent lentement, tels les Rhinolophes et les Oreillards, gagnent un perchoir et s’y accrochent pour manger leur victime.

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